
Le Mondial de l’automobile a ouvert ses portes au grand public depuis le 04 octobre, et ce pour une quinzaine de jours. Une fois encore, le risque est grand d’assister à une gigantesque opération de blanchiment écologique pendant laquelle constructeurs automobiles et institutions vont se gargariser d’efforts qu’ils auraient pu faire… Les constructeurs automobiles se refont par là-même une virginité écologique sans pour autant agir sérieusement sur l’une des causes majeures du dérèglement climatique.
Conscients de leurs responsabilités, les associations de protection de l’environnement croient aux vertus d’un débat contradictoire. C’est la raison d’être de ces rendez-vous climatiques, qui auront lieu durant le Mondial de l’automobile en présence d’acteurs associatifs, politiques et économiques.
Le Mondial de l’automobile est l’occasion, pour les constructeurs automobiles, de mettre en avant des arguments pseudo écologiques. D’année en année, le Mondial de l’automobile est ainsi devenu un haut lieu du « greenwashing », pendant lequel chaque constructeur s’attelle à faire montre de son ambition écologique et climatique. Mais comme dans toute communication faussement écologique, cette publicité vise avant tout, au mieux à enjoliver la réalité, au pire à induire en erreur.
Dès 11h, mardi 07 octobre, un défilé climatique se déroulera en marge du Mondial de l’automobile en présence des responsables d’Agir pour l’Environnement, du Réseau Action Climat France, du WWF, de Résistance à l’Agression Publicitaire et de la FNAUT. Ce défilé climatique sera l’occasion de mettre en lumière la césure existant entre les “engagements” de certains constructeurs et la réalité objective.











Le bonus-malus a eu un impact significatif sur les ventes de véhicules neufs. Ce résultat ayant été plus important que prévu, le montant versé par l’Etat au titre du bonus a dépassé celui perçu au titre du malus, suscitant l’ire des tenants de l’équilibre budgétaire. Au-delà de ce déséquilibre transitoire, de nombreuses questions se posent : quel impact du bonus-malus sur les polluants atmosphérique locaux ? Sur la distribution des revenus ? Le dispositif favorise-t-il la voiture au détriment des autres modes de transport ? Favorise-t-il les riches ou les pauvres ? Comment se combinera-t-il avec le futur règlement européen qui limitera les émissions de CO2 des voitures ?




Alors que l’Union Européenne peine à trouver un accord ambitieux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules particuliers, nous constatons que quelques constructeurs, qui nous présenteront leurs innovations mirifiques durant ce mondial de l’automobile, sont également les principaux acteurs menant un lobbying agressif en défaveur d’une réglementation climatique ambitieuse !
Comme tout lobbying efficace, il se fait dans la zone grise de notre démocratie, dans les couloirs du parlement européen, jamais au grand jour et publiquement. Les arguments avancés par certains constructeurs automobiles ne peuvent faire l’objet d’une médiatisation car ils sont impopulaires et teintés d’un certain cynisme. Le dialogue démocratique et la lumière sont les deux craintes du lobby automobile.
Le Mondial de l’automobile est, pour les écologistes, le moment propice pour lever un coin du voile de ce lobbying qui vise à faire passer l’intérêt particulier avant l’intérêt général des citoyens, qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la baisse des importations de pétrole.



En tant que Président en exercice de l’Union européenne, vous avez la responsabilité de trouver un compromis favorisant l’adoption du règlement européen « Automobile et CO² ». Ce texte communautaire, présenté par la Commission européenne il y a plus d’un an, propose aux Etats membres de réduire les émissions de CO² des véhicules particuliers commercialisés en Europe à partir de 2012.
La pression des autorités allemandes et l’attentisme de la France ont ouvert le chemin du renoncement. La multiplication de coups de canifs ont fini par dénaturer un projet qui aurait pu donner du sens à l’Europe. Face au lobbying mené par les constructeurs automobiles, la Commission Environnement du Parlement Européen a fermement rappelé que les grands discours érigeant la lutte contre le dérèglement climatique devaient être suivis d’effets.
Malheureusement, il semble une fois encore que pour ne pas froisser le lobby automobile, vous ayez, en notre nom et au nom de l’Europe, proposé aux autres Etats membres un projet de compromis largement en deçà de ce qui serait nécessaire pour sauver le climat. Si les Etats membres acceptaient de suivre votre projet de compromis, le règlement européen n’entrerait en application qu’en 2015 et n’imposerait plus un seuil de 120g/CO² par km mais au contraire un seuil de 138g !
En tant que citoyen-e européen-ne, concerné-e par l’avenir du climat, je vous demande d’agir en faveur d’un règlement européen ambitieux qui doit :
- fixer un seuil de 120 g/km de CO² applicable dès 2012
- fixer un objectif de long terme de 80 g/km de CO² applicable en 2020.
Vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez à cette proposition et dans l’attente d’une prise en considération de ma demande, je vous prie de bien vouloir accepter, ma haute considération.